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Clément Faure
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Métiers6 min de lecture

Cabinets comptables, assureurs, conseils : en finir avec la chasse aux documents

Relevés, factures, justificatifs, attestations : un petit cabinet passe des heures à réclamer des pièces par e-mail et par téléphone. Voici comment une collecte automatique rappelle, accuse réception et classe, pendant que vous faites du conseil.

Par Clément Faure, ingénieur · automatisation pour TPE, La Brède

Dessin axonométrique : une armoire à dossiers ouverte avec des chemises alignées, des enveloppes qui arrivent, et une seule chemise en bordeaux dans laquelle les documents se rangent d'eux-mêmes

Un cabinet de trois à vingt personnes peut cesser de courir après les documents de ses clients. Pas en les harcelant davantage : en confiant à une règle simple le travail de rappeler, d'accuser réception et de classer. La liste des pièces attendues est fixée au départ, les rappels partent tout seuls et s'arrêtent dès que la pièce arrive, et vous n'êtes prévenu que quand un dossier bloque vraiment. Le reste de votre temps va au conseil.

Expertise comptable, courtage d'assurance, cabinet de conseil : les métiers diffèrent, la tâche est la même. Un dossier avance quand les pièces sont là, et les pièces sont chez le client. À Bordeaux comme ailleurs en Gironde, c'est souvent la première chose qui saute aux yeux quand on entre dans un cabinet.

Pourquoi la chasse aux documents coûte si cher

Parce qu'elle ne se voit pas. Aucune ligne du planning ne s'appelle « réclamer le relevé de mars à M. Martin ». Et pourtant, chaque personne de l'équipe y passe un peu de temps chaque jour : un e-mail, un rappel, un appel, une note pour ne pas oublier de rappeler.

Elle coûte aussi en qualité. Une pièce qui arrive en retard, c'est une déclaration faite dans l'urgence, un contrat qui démarre sans l'attestation, un bilan reporté. Et elle coûte en relation : le client qui reçoit un troisième rappel sec se sent fautif, le collaborateur qui l'envoie se sent percepteur. Personne n'a envie de faire cette tâche, donc elle est faite tard, et mal.

À quoi ressemble une collecte automatique ?

Trois pièces, qui tiennent ensemble.

La liste des pièces attendues, par dossier

Pour chaque type de dossier, vous fixez une fois la liste des pièces : relevés bancaires du mois, factures de vente, factures d'achat, attestation de tel organisme, pièce d'identité, justificatif de domicile. Cette liste est la vôtre, elle existe déjà quelque part dans le cabinet, souvent dans la tête de la personne la plus expérimentée. On l'écrit, c'est tout.

Des rappels espacés, polis, qui s'arrêtent tout seuls

À date fixe, un message part au client avec la liste de ce qui manque, et seulement de ce qui manque. Rédigé avec vos mots, signé du collaborateur en charge du dossier. Si rien n'arrive, un deuxième rappel part à l'intervalle que vous avez choisi, avec un ton légèrement différent. Au troisième, l'automatisation s'arrête et prévient le collaborateur : à lui d'appeler. Dès qu'une pièce arrive, elle disparaît des rappels. Le client n'est jamais relancé pour un document qu'il a déjà envoyé, ce qui est, de loin, la relance la plus irritante.

L'accusé de réception et le classement

Quand une pièce arrive, le client reçoit un accusé de réception immédiat : « Bien reçu, il manque encore ceci. » Il sait où il en est, il n'appelle pas pour demander. Le document est rangé dans le bon dossier, sous le bon nom, au bon mois. Personne ne le télécharge, ne le renomme, ne le déplace.

Lire les documents reçus, pas seulement les ranger

Ranger est une chose. Lire en est une autre, et c'est là que la lecture automatique change le quotidien.

Une facture fournisseur reçue par e-mail peut être lue : le fournisseur, la date, le montant hors taxes, la taxe, le numéro de pièce. Ces informations sont transmises à votre logiciel de production, prêtes à être contrôlées, sans ressaisie. Une attestation peut être reconnue comme telle, et sa date de validité notée pour prévenir avant l'échéance. Un relevé peut être rattaché au bon compte.

La règle reste la même que pour tout ce que j'installe : la lecture prépare, le collaborateur vérifie. Un montant mal lu se corrige en deux secondes ; un montant ressaisi à la main dix fois par jour, c'est dix occasions d'erreur.

L'arrivée d'un nouveau client : la première impression

Le premier mois d'un nouveau client décide de la relation. C'est aussi le moment où il y a le plus de pièces à réunir : lettre de mission à signer, documents d'identité et statuts, accès aux comptes, historique à récupérer chez l'ancien cabinet.

Tout cela peut suivre une séquence écrite une fois : la lettre de mission part le jour de l'accord, la liste des pièces part dès qu'elle est signée, les rappels suivent, le dossier se construit au fur et à mesure. Le client a le sentiment d'un cabinet organisé dès le premier jour. Et le collaborateur n'a pas passé sa semaine à envoyer les mêmes e-mails que pour le client précédent.

Ce qui reste votre métier

Le conseil. Le rendez-vous de bilan où vous expliquez les chiffres et ce qu'ils veulent dire pour l'année qui vient. L'appel au client qui traverse une mauvaise passe. Le choix d'un contrat d'assurance adapté, la lecture d'une clause, la négociation avec la compagnie. Aucune automatisation n'entre là-dedans. Elle vous rend le temps que la collecte vous prenait, et c'est ce temps-là qui fait la valeur du cabinet.

Et la confidentialité ?

C'est la première question que me posent les cabinets, et c'est la bonne. Les documents de vos clients ne partent pas « quelque part ». Ils restent dans vos outils. Les automatisations tournent sur des serveurs hébergés en Europe, avec des accès limités à ce qui est strictement nécessaire, que vous pouvez couper à tout moment. Un contrat de prestation, avec clause de confidentialité, est signé avant tout démarrage. J'ai détaillé où vont vos données, et qui peut les voir dans un article à part.

Par où commencer

Dans la plupart des cabinets, l'ordre qui marche est celui-ci :

  1. Les rappels de pièces manquantes sur un seul type de dossier, le plus fréquent. On règle le ton, les délais, et on vérifie que les clients suivent.
  2. L'accusé de réception et le classement, souvent mis en place en même temps, puisque les pièces arrivent déjà par le bon canal.
  3. La lecture des documents reçus, puis la séquence d'arrivée d'un nouveau client.

Pour savoir ce que la collecte coûte réellement à votre cabinet, et par quel dossier commencer, il faut compter : nombre de dossiers, pièces manquantes par mois, temps passé par personne. C'est ce qu'on fait pendant l'audit d'une heure, dans vos locaux ou en visio, avec votre messagerie et votre logiciel ouverts. Vous repartez avec un diagnostic d'une page, chiffré, et un prix fixe par automatisation, que vous donniez suite ou non.

Questions fréquentes

Nos clients ne sont pas à l'aise avec les outils en ligne. Est-ce qu'ils vont suivre ?

La collecte passe par le canal qu'ils utilisent déjà : l'e-mail, et une réponse avec pièce jointe suffit. Pas d'espace à créer, pas de mot de passe. Pour les clients qui préfèrent le papier, rien ne change : vous scannez, et le classement se fait pareil.

Est-ce compatible avec notre logiciel de production ?

Dans la grande majorité des cas, oui : les pièces sont déposées là où vous travaillez déjà, et les informations lues sont transmises à votre outil. Quand un logiciel n'offre aucune passerelle, on passe par un dépôt de fichiers ou un e-mail, et je vous le dis clairement lors de l'audit.

Qui a accès aux documents des clients ?

Le cabinet, et personne d'autre. L'automatisation tourne sur des serveurs hébergés en Europe, avec des accès limités à ce qui est nécessaire et révocables à tout moment. Un contrat précise ces engagements avant tout démarrage.

On est trois. Est-ce que ça vaut le coup ?

Ça dépend du nombre de dossiers et de pièces à collecter chaque mois, pas de la taille de l'équipe. C'est précisément ce qu'on chiffre pendant l'audit, avant de décider.

Clément Faure

Ingénieur ENSEIRB-MATMECA, 9 ans de développement. J'automatise les tâches répétitives des TPE et PME de Bordeaux et du Sud-Gironde, avec l'humain au centre : audit, installation, formation et suivi. En savoir plus.